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Melancholia

Déprime existentialiste

Réalisateur :
Acteur :

samedi 4 février 2012, par Richard

A noter tout d’abord que j’avais déjà écrit ici sur Babel une chronique sur ce film, peu après sa sortie en août 2011. Malheureusement la dite-chronique s’est perdue dans la migration du site. Je suis toujours un peu embêté car mes textes reflètent aussi souvent l’humeur du moment, et cette humeur je ne la retrouverai pas ! Enfin tant pis, essayons de nous replonger dans ce film la tête froide. Et puis de toute façon, la tête, même à chaud, on ne peut l’avoir que froide après avoir vu ce film !

Car oui, ce film est déconseillé à ceux qui ont peur de sortir déprimé de la projection. Au mieux, vous en sortirez peu convaincu, n’ayant pas trouvé dans cette histoire de quoi vous intéresser. Au pire (ou au mieux, tout dépend de ce que vous aimez dans l’existence après tout), vous vous serez plongé dans une abîme intense et délicate.

Car oui (deuz), il faut savoir que Lars Von Trier est en pleine période de dépression. Il continue de faire des films. Et chacun est libre d’apprécier la démarche. Son précédent film, "Antichrist", chapitré comme les étapes d’une psychiatrie, n’a laissé personne indifférent.

Melancholia.

Melancholia, c’est le nom donné à une planète qui s’approche dangereusement de la Terre.

Justine (Kirsten Dunst) célèbre son mariage avec Michael. Le tout est organisé en grandes pompes (et avec beaucoup de stress) par sa sœur Claire (Charlotte Gainsbourg). Plus la cérémonie avance et plus Justine semble détachée de l’événement. La mariée s’éclipse en effet sans arrêt, va carrément prendre un bain alors que les invités l’attendent pour le toast... De quoi faire criser Claire !

Comment va t-elle s’en sortir ? C’est quoi la planète Melancholia ? Je finis la partie "sans spoil" sur ces questions comme ça vous ne serez pas trop frustré.

Donc, si vous n’avez pas vu le film et qu’il vous intéresse, arrêtez-vous là car je vais plus en avant.

En fait le film est en deux parties : la première, intitulée "Justine", nous raconte cette union complètement ratée à laquelle la mariée ne veut pas participer. Elle est à fleur de peau, à la fois désespérée et complètement lucide : son mari l’aime t-il ou aime t-il l’image qu’il se fait de toute cette situation ? A défaut de la vérité c’est l’image qu’elle renvoie à son mari qui ne sait plus sur quel pied danser. Certains la trouveront horrible, décalée, folle. Elle se sent sans force, achevée, mais aussi libre et cynique. Une crise d’adolescence tardive et mal placée ou l’éveil d’une conscience au dessus de la médiocrité ?

La deuxième partie, "Claire", nous rappelle que la planète Melancholia s’approche de la Terre. On suit alors Justine, Claire et le mari de cette dernière face à la prise de conscience de la possible fin du monde. Et chacun de réagir différemment. Claire est prise de panique. Son mari se veut rassurant. Justine s’apaise enfin. Nous accompagnons tous les personnages dans l’Acceptation. Jusqu’à un final apocalyptique à la fois beau et sans douleur. Là où plus aucun sentiment n’a de raison d’être. Le néant.

Au niveau de sa démarche personnelle Lars Von Trier semble avoir touché le fond. L’effet anti-dépresseurs peut-être ? Mais par ce film il tend au sublime. C’est ce qui fait de lui un grand réalisateur, au travers d’un film magistralement orchestré.

Je suis curieux de voir quel sera la prochaine étape de sa création !...


Voir en ligne : http://thetimewarp.over-blog.com/ar...

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